Paru
dans l'édition OUEST-FRANCE du mercredi 15 novembre 2006 Voile
: Charlie a sauvé du Rhum son trimaran meurtri
« Les
gens nous demandent pourquoi on affiche encore les classements, alors
que la Route du Rhum a déjà été gagnée. Mais on les marquera jusqu'au
dernier arrivé », glisse Laurence, du Surcouff. À vélo,
elle était la première, hier, sur les quais de La Trinité-sur-Mer à scruter
l'horizon où se dessinait la silhouette d'un beau thonier de l'île
d'Yeu tractant le petit trimaran jaune de Charlie Capelle. À midi,
elle recevait toute l'équipe de ce sauvetage de bateau à sa table.
C'est la solidarité des gens de mer, toujours présente dans les coups
durs. Soulagé, à 10 h, Charlie
Capelle, le skipper-chef d'entreprise de Saint-Philibert, a posé le pied sur le ponton du môle Caradec à La Trinité. Heureux dans son malheur, mais les
traits encore tirés. Il avoue avoir eu la peur de sa vie lors de son
chavirage, le mercredi 1er novembre, jeté du bateau qu'il
rejoindra à la nage avant d'être récupéré par le Brestois Philippe
Legros. La semaine dernière,
du PC de la Route du Rhum, il avait lancé un SOS pour sauver son bateau, à la
dérive au large de la pointe Finisterre. Un appel entendu. « Cela
s'est admirablement bien passé, explique Charlie. Nous sommes
partis jeudi à la recherche d'A Cappella, sur un thonier de
l'île d'Yeu, le Massavielle, une unité de 24 mètres commandée par
Eddy Plessis avec son équipage, en fin de campagne à la pêche au thon
rouge. Ils sont quatre à bord. Il nous fallait un bateau puissant avec
des moyens de manutention. Nous sommes arrivés sur zone samedi, en
se demandant si nous n'y trouverions que la balise Argos... » Mais le bateau était
bien là. Retourné. « Le premier jour, en faisant une plongée,
on a pu récupérer le mât et la bôme. » Ils ont été hissés
sur le pont du thonier qui s'est aussi amarré, hier, à La Trinité,
au môle des pêcheurs. « Et le lendemain, on a pu retourner
le bateau avec les moyens de manutention du thonier, sans avoir à faire
des trous dans la coque. » Charlie Capelle regarde
alors son bateau meurtri d'un regard affectueux : « Évidemment,
il est cabossé d'un peu partout. Mais il est là. Ce sont toutes mes économies. » À ses
côtés, Catherine Chabaud est aussi ravie
de voir le petit trimaran jaune à bon port. « À l'intérieur,
il n'y a plus rien. On a tout perdu », constate Charlie. Mais le SOS de Charlie
Capelle ne s'arrête pas là. Dans cette infortune de mer, Catherine,
son épouse, s'est aussi beaucoup dépensée. « Merci à tous, glisse-t-elle. Merci à un
fonds d'investissement des PME de Paris et à son responsable François Duliège. « Merci à tous » Merci aux pêcheurs
de l'île d'Yeu. Merci aux pompiers de Lorient qui ont mis un plongeur à notre
disposition. Merci à Laurent Bourgnon, très disponible. Merci aux
autres teams, Sodébo et Gitana,
qui nous ont prêté du matériel. Merci à tous ceux que nous ne connaissons
pas et qui nous ont adressé des messages de soutien. Merci à Jean-François
de Prémorel, du groupe Beneteau. » Car une passion peut
coûter cher. La facture de ce sauvetage avait été estimée, à l'origine, à plus
de 70 000 €... Comme l'ensemble des participants à la Route du Rhum,
son bateau n'était pas assuré. Mais, heureusement, Charlie a beaucoup
d'amis. Gildas JAFFRÉ. Contact : www.acapellaocean.com Ouest-France du mercredi
15 novembre 2006 |